Publier vos poèmes, nouvelles, histoires, pensées sur Mytexte

Mytexte site littéraire

  1. Mytexte regroupe 11947 textes.
  2. Chacun peut publier ses textes.
  3. Cet espace est entièrement gratuit.

Mytexte est ouvert à tous.

Weoneart : galerie d'art

Mytexte est un site du groupe weonea

L'ajout de textes est fermé pendant une période indéterminée.

Si vous avez besoin de présenter vos textes en ligne vous pouvez aussi créer un site vitrine avec Weonea.

De l’amour

Elle aurait bien aimé qu’il mange un peu, il est tellement chétif ! Mon Dieu comme il est mignon ! Elle lui caresse la tête, c’est doux comme la peau du lait chaud, et si fragile. Non vraiment, celui-ci il vivra, elle le veut, c’est son amour, son bébé, ça la picote de partout de penser qu’il pourrait lui arriver quelque chose. Il a les yeux mi-clos, c’est pas possible ce qu’il est attendrissant. Elle ose à peine l’embrasser, elle ne bouge plus et respire son souffle, léger, tiède et ténu.

            Elle le berce un peu, en pensant qu’il a eu plus de chance que l’autre, et elle est bien contente, elle a senti qu’elle l’aimait dès qu’elle l’a vu. Elle le dépose dans son giron, le regarde, attendrie. Ses petites côtes s’écartent doucement, il bouge à peine. Elle pense qu’elle pourra l’aimer comme personne, elle se sent responsable, bien qu’elle soit jeune. Lui l’aimera aussi, elle sera parfaite, elle n’oubliera rien.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Elodie C | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 16 / Technique : 9

A quoi elle pense

Elle va de prison en prison, de petits enfermements en petits enfermements. Tranquillement elle construit les murs. Doucement elle s’y enferme. La solitude, elle la hait, mais la recherche et la souffre, douloureusement. Elle la hait, plutôt, par incapacité.

            Ici c’est jaune et vert, avec une porte qui bat, le bourdonnement du frigo. Elle voit toutes ces fenêtres empilées, étirées, parfois allumées. Il y a un téléphone qui sonne très fort. Exilée. Ici ce n’est pas chez elle. Ici, c’est comme quand la balle du flipper tombe au fond du trou, loin de la lumière, des autres balles, des cross qui la cherchent, qui la touchent, la poussent. C’est loin, dans un dédale tout noir qui descend. C’est froid sans personne. C’est perdu, c’est la honte. Le trou.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Elodie C | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 17 / Technique : 9

Enfin

Elle est assise en face du mur vert. Attention, un vert clair. Sur le mur, en face d’elle, un tableau. Style : un tableau fait maison. Genre : laid. Le problème c’est les couleurs. C’est tout fondu, tout passé, pas décoloré, non, brouillé. Et grisâtre foncé. Le seul truc à peu près identifiable dans ce remugle c’est une espèce de maison dans un halo jaune. Mais un halo rectangulaire.... Le pire, c’est qu’on dirait que le barbouilleur y a mis les doigts, à cause de certaines traces. Bon, pourquoi pas, mais c’est pas ça qui sauve le tableau, hein.

            Peut-on aimer un homme dont les parents ont accroché pareille horreur au mur ? Oui, bien sûr, d’ailleurs c’est pour beaucoup de monde ainsi, même en l’an deux mille. On dira ce qu’on voudra, mais c’était pas la peine d’en faire toute une histoire de l’an deux mille quand ce genre de croûte est encore accrochée au mur. Un millénaire qui ne sait pas se débarrasser de ses croûtes, c’est pas beau à voir, moi j’vous l’dis. Un millénaire qui voit encore arriver sur la table le gigot aux fayots dominical, c’est raté. RATE.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Elodie C | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 15 / Technique : 10

La lettre

“...chèvre !”.

            Quand elle était toute petite déjà elle aimait le fromage de chèvre ! Elle a du caractère cette gosse, qu’est-ce que tu crois !

            “...Et alors je l’ai grondée mais Emilie s’est mise à crier....”

            Mon Dieu, elle est comme ma mère, elle crie. Ma petite fille, ne crie pas quand ce n’est pas grave, s’il te plaît ! N’énerve pas ta mère, s’il te plaît, je peux rien faire, moi, alors l’énerve pas...

            “Tu me manques, c’est pas facile les gosses toute seule...”

            Putain, si tu savais comme tu me manques aussi.

            “...je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir attendre comme ça, j’en ai marre...”

            Merde, mais tu m’écris ça ? Toutes ces conneries pour m’écrire ça ? Mais j’ai choisi, moi, peut-être, d’être dans cette turne de merde ! Bon Dieu, c’est pas possible, on n’a pas vécu tout ça pour que tu me dises ça au bout de deux mois ! Merde, merde et merde !

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Elodie C | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 10 / Technique : 8

Le parloir, 1 commentaire

Ce matin la lumière est chaude. Elle papillonne entre les feuilles du châtaignier. Sous l’arbre il y a des insectes qui courent, des fourmis particulièrement, et puis un gros gendarme rouge et noir. Non, pas de gendarme, disons plutôt... un scarabée luisant. En tout cas, l’atmosphère est telle que l’on a envie de hurler sa joie d’être au monde : ça sent tellement bon ! Je suis sur le dos au milieu des herbes sèches, un gros bourdon m’assaille de questions, mais je ne comprends pas ce qu’il dit, je ne peux pas lui répondre alors je lui souris. J’ai peur que s’il est mécontent il se pose sur mes lèvres et me pique. Bon, il part, tant mieux. Je ferme les yeux et écoute la chaleur sur ma peau. Avec les bribes de vent tiède et les odeurs qui me traversent, je sens mon corps s’engourdir. Il vibre mollement à l’image des armées de fourmis de tout à l’heure, et j’entends mon sang qui appelle, et mes lèvres se gonflent.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Elodie C | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 12 / Technique : 9

LE SOURIRE DE VIVALDI

Eva lisait. Soudain, elle se sentit observée.

 

« Il a ses yeux... »

 

Le visiteur continuait à la fixer en silence. Un sourire flottait sur sa face rousse. Eva ne pouvait détacher son regard de ses prunelles dorées. La tension devint trop forte.

 

« Est-ce toi que j’ai vu l’autre jour sur la terrasse ? J'avançais dans ce long couloir désert, si haut perché… Ta silhouette attira mon attention. Tu me regardais. Ce ne pouvait être que toi, tu as exactement son regard… J’aurais voulu être comme toi, libre… Tu me paraissais si lointain que cela me faisait mal… Si seulement j’avais pu te rejoindre… Mais tu poursuivis ton chemin… Je m’étais sentie d’un coup très seule… Depuis ce jour, j’espère te revoir… Je suis si heureuse que tu sois là… »

 

Le visiteur s’approcha d’elle. Eva, s’interrompit, le cœur battant. Elle ouvrit la fenêtre. Il n’entra pas dans la pièce. Mais ses yeux s’arrêtèrent sur les peluches qui encombraient le bureau. Encouragée par son regard, Eva poursuivit :

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Xuan VINCENT | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 19 / Technique : 11

Deux astres jumeaux

  Ce sont deux astres jumeauxDont je ne saurais dire mot,Que chaque vue que j’en aiMe semble une découverte,Me rend privilégié.Et je me crois esthète,Je me crois astronome…    Je ne veux pas qu’ils s’éloignent.Jamais.Moins encore qu’ils s’éteignent.Jamais.En tous cas, c’est tout comme.     Des astres qui font croireQu’il vaut le coup de vivre,Qui vous donnent de l’espoirPar leur simple lueur viveSi peu conventionnelle.    Des étoiles pareilles,-Rayonnantes de vie-,Dans les cieux, comme iciY en a-t-il déjà eu ?Moi, je n’en ai pas vu…     De ces astres étincelantsC’est la Vie qui transpire.Somptueux, mais jamais autantQu’à chacun de tes sourires…     Pour conclure, disons mêmeQu’il y a des choses (mais bien peu)Qui méritent des poèmes.Et là, ce sont tes yeux.

Lire la suite

Style : Poème | Par sundance | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 11 / Technique : 7

Regardez vers moi (les fils de la Veuve), 1 commentaire

            « Tout avait l’air d’avoir très bien débuté malgré mon peu de talent en tout ; cela je l’ai toujours dit et on me l’a souvent répété. Mon père l’affirmait déjà. « Qu’est-ce que tu vas devenir ??? », s’exclamait-il. « Avec ta mère nous en sommes venus à penser que tu n’es bonne à rien… Mais… c’est dit sans méchanceté ma grande… »…

Cependant, cette fois-là, ce que je m’étais mise en tête d’accomplir, j’étais persuadée que c’était dans mes cordes. Pourtant je n’avais pas réussi grand-chose, c’est vrai. A peine à avoir un mari. Et encore, il m’avait gracieusement été attribué par mon père qui trouvait que le fil des ans ne jouait pas en ma faveur et que je finirais probablement vieille fille sans une intervention divine…ou paternelle. Le pire est que je n’ai pas même de métier. C’est triste cela, vous ne trouvez pas ? Moi, si. J’aurais aimé être funambule. J’aurais certainement bien réussi, je crois.

            Ainsi, vous disais-je, j’avais eu un projet à ma mesure. Cette vieillesse qu’il me semblait entrevoir et qui avait l’air d’avancer à grands pas, avait incité en moi une sorte d’envie de frissons ou de prouver quelque chose. Un je-ne-sais-quoi, en tout cas, qui y est peut-être pour quelque chose.

Un jour, comme ça, cela m’a pris. Comme une envie de meurtre. Mais pas un de ces meurtres vulgaires, de gens vulgaires qui tuent pour tuer : nan, un meurtre qui serait, comme le jargon le nomme, « le crime parfait ».

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par sundance | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 12 / Technique : 9

Dame Emurine Delor

Loin de la civilisation humaine, un noyau de poussière d’étoile prépare son détachement dans l’atmosphère. Cet amas de feu obéissant aux lois de l’espace et à tout ce qui est encore inconnu à notre intelligence, n’ignore rien du cerveau. Quelque part, dans un ailleurs, cette masse qui déboule du néant est issu d’un rêve construit par une seule femme. Oui, nous avons tous des Dons oubliés, enterrés, occultés, cachés,éloignés... mais si un jour vous retrouvez votre corps de rêve, soyez prêt à réceptionner votre liberté dans la livraison !

 

L’histoire d’Emurine Delor, comme son nom l’indique, a ses pouvoirs gravés dans son identité. Encore faut-il savoir traduire sans se tromper. Cette dame, oui, Dame Emurine Delor connaît la vie terrestre depuis son commencement. Ainsi les murs n’ont aucun secret pour elle et l’or se multiplie par deux sous ses pas et ses paroles. Elle obtient tout en rêvant. Un tel être sur terre peut vous paraître un temps soit peu imaginaire. Un peu comme une gélule dans laquelle on a compressé la nature et dont on se fiche de la liste qui la compose. Après tout la nature fera le reste… Je vous comprends, comment faire passer un concept insaisissable sans être pris pour un fou ! Imaginer, soulage bien des zones cartésiennes de la matière grise et pourtant notre cerveau est pourvu de ces deux réalités ! Nous sommes donc libre de donner autant de place à l’une comme à l’autre.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par muriel barkats | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 11 / Technique : 9

MECHANT COUP DE FOUDRE… (extrait d'Histoires Motardes'), 1 commentaire

             La vie d’Adrien était d’une limpidité et d’une simplicité ennuyeuses jusqu’à ce fameux jour de mars 2004.  

                                    C’était le jour de leur rencontre, et l’illumination était rentrée dans son existence dans un haut le cœur tellement impressionnant qu’il avait cru à une attaque ! Les jours passant, il s’était rendu compte que ses palpitations le reprenaient seulement quand ses pensées volaient vers elle. De toutes façons il était devenu incapable de faire autre chose ; c’était l’unique obsession de ses journées. Ses amis l‘avaient abandonné, ayant pourtant essayé de l’aider à en guérir, amusés au début puis très vite lassés de ses discussions et gestes toujours à l’attention de son coup de foudre. Brun, la trentaine, Adrien était un bel homme, grand et mince, musclé par des années de pratique de la musculation et de l’escalade. Ses obsessions ont depuis disparu pour laisser la place à sa nouvelle chérie et rien qu’à elle !

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par thierry vienne | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 26 / Technique : 18

les mains des hommes, 6 commentaires

Au début de ma vie d'adulte, pas d'ambiguïté. J'avais décrété que les mains qui me plaisaient étaient longues, maigres, avec des doigts aux bouts spatulés, des mains d'artistes ou d'intellectuels. Le summum, c'était évidemment celles de Glenn Gould. Dès que je rencontrais un homme, aussitôt je « vérifiais » : étaient-ce bien ces mains-là ? J'avais tant rêvé, petite fille puis adolescente, d'une main d'homme se posant sur ma taille... Depuis ma rencontre avec mon compagnon, j'ai regardé des milliers de fois ses mains. Elles n'ont pas de longs doigts, elles ne sont pas blanches. La paume en est large, la peau qui la recouvre est épaisse, calleuse même. Les ongles, carrés, coupés courts, portent souvent des blessures, des entailles ou des marques noirâtres de coups de marteau.

Lire la suite

Style : Nouvelle | Par Clopine Trouillefou | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 28 / Technique : 15

La lettre, 1 commentaire

Ouessant, le 13 juin 1975

Mon cher Jack,

J’ai découvert un trésor dans ton île. Oui, je me suis décidée à monter dans l’un de ces coucous mais tout valait mieux que trois heures de traversée accrochée à une rambarde. Et, j’aime autant te dire qu’Eole n’était pas de bonne ce matin-là. Quelle injustice, Jack, comment peut-on autant aimer la mer et autant souffrir quand elle vous porte ? Le nez collé au hublot, j’ai observé les chalutiers que les flots énervés ballottaient en tous sens. Le ciel se pommela de petits nuages blanchâtres qui de temps à autres s’effilochaient. J’ai quand même pu apercevoir des fragments de l’île où finit la terre. Dis donc, tu m’avais caché qu’elle a la forme d’une pince de crabe. Et puis, le phare dont tu m’as si souvent parlé, tu sais celui perché au somment d’une impressionnante falaise. Il me semble qu’il m’a saluée au passage.

Le bimoteur m’a débarquée au milieu de nulle part. En fait, au milieu d’une végétation qui pousse si près du sol qu’elle semble vouloir se protéger des colères du vent. J’avais, moi aussi, du mal à tenir debout. « Vous voyez cette masure aux volets verts ? C’est celle de Goulven, il loue des bicyclettes. Croyez-moi, il est préférable de se balader à vélo, chère petite madame » me conseilla le pilote. T’imagines ? Moi qui n’ai plus posé les fesses sur une selle depuis…Oh !

Lire la suite

Style : autre | Par Chantal Adam | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 21 / Technique : 11

Quelqu'un...

Un jour au loin

quelqu'un 

il marchait dans la rue

quand je l'est vu.

 

Seul sur un banc

je lisait

seul sur un banc

je révait . 

Lire la suite

Style : Poème | Par Ayo | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 11 / Technique : 9

Le suicide , 2 commentaires

Assise sur le sol de la salle de bain, l’atmosphère n’est plus qu’un  mélange de fumée et d’alcool. La bougie ne cesse de se consumer, pour ne plus que ressembler à mon esprit.

Je perds pieds, l’âme se meurt, sous les débris des blessures internes. Je ne peux plus réfléchir, allongée sur le carrelage, regardant le ciel à travers le velux.

Aucun signe. Mon corps inerte est transporté dans un voyage spirituel, où ma perte est proche.

L’aspect sanguinolent ne cesse d’augmenter face à l’entaille que je me suis infligée au poignet. Mes peurs s’enfuient… Le malheur se disperse sur le carrelage. On dit qu’au moment de sa propre mort, les moments intimes de notre vie défilent sous forme d’images, comme sur une ancienne pellicule d’un film de cinéma. Une seule image est présente, moi rêvant au bonheur inaccessible d’une vie. La mienne.

Lire la suite

Style : Réflexion | Par Lu | Voir tous ses textes

Coup de cœur : 15 / Technique : 12

Page n°:
Précédent Suivant