Publier vos poèmes, nouvelles, histoires, pensées sur Mytexte

Le suicide par Lu

Le suicide

Assise sur le sol de la salle de bain, l’atmosphère n’est plus qu’un  mélange de fumée et d’alcool. La bougie ne cesse de se consumer, pour ne plus que ressembler à mon esprit.

Je perds pieds, l’âme se meurt, sous les débris des blessures internes. Je ne peux plus réfléchir, allongée sur le carrelage, regardant le ciel à travers le velux.

Aucun signe. Mon corps inerte est transporté dans un voyage spirituel, où ma perte est proche.

L’aspect sanguinolent ne cesse d’augmenter face à l’entaille que je me suis infligée au poignet. Mes peurs s’enfuient… Le malheur se disperse sur le carrelage. On dit qu’au moment de sa propre mort, les moments intimes de notre vie défilent sous forme d’images, comme sur une ancienne pellicule d’un film de cinéma. Une seule image est présente, moi rêvant au bonheur inaccessible d’une vie. La mienne.

Beaucoup de personnes diraient que le suicide n’est qu’une profonde lâcheté face aux gens qui nous aiment. Non, c’est une façon de se sauver face à des problèmes sans solutions. Sans capacité de voir un seul espoir se tisser. Oui, le suicide n’est pas moral, il ne devrait pas être autorisé et j’en passe. Mais, si l’on ne choisit pas le fait de naître, on peut prendre le droit de mourir. En cours de droit, on vous apprend que le suicide est un fait et non un acte, c’est-à-dire que ce n’est pas voulu. Décidément, la loi est bien trop rigide. Jamais, je n’ai entendu une seule histoire où un suicide n’était pas voulu. Genre « Oups, le couteau m’a lâché des mains et est pile tombé sur mes veines en taillant un long sillage ! Zut, je vais mourir ». Sinon, une mort non voulu cela s’appelle un meurtre. CQFD.

Ainsi, le point mort arrive… Mais, avant cela j’avais une vie.

"Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur est interdite"

Style : Réflexion | Par Lu | Voir tous ses textes | Visite : 1341

Coup de cœur : 15 / Technique : 12

Commentaires :

pseudo : tia

Le suicide...je crois vraiment que c'est l'acte le plus réfléchi qu'il soit. Pour qu'une personne décide de passer de la vie à la mort, je pense qu'elle doit avoir soulevé la question plus d'une fois. Mais je pense tout de même qu'il y a toujours une toute petite et miniscule des toutes petites et riquiqui de toutes petites raisons qui nous donne une raison d'être face à toutes les autres qui nous donnent des raisons de ne plus être. Mais tant qu'il existera cette insignifiante et infime petite raison, je crois que l'on se doit d'exister, et même tant qu'il existe cette raison parce qu'elle est toujours là on se doit de continuer à être, parce que la vie en elle-même se suffit à elle même! çà reste un avis tout perso de la question en excluant l'idée de bien ou de mal, ou de religion et d'ethique!

pseudo : ombres et lumières, une vie

Il faut, je crois, avoir réchappé au suicide pour bien vous comprendre Lu. ....................Comme dit très justement Tia, qui a compris bien des choses à la vie, sans "idée de bien ou de mal,ou de religion ou d'éthique", je veux juste dire que la vie a ceci d'extraordinaire qu'elle ne s'explique pas. Cela ne vaut-il pas le coup d'un petit rab ? (Permettez-moi de préciser qu'en ce moment où je vous écris peu de choses tournent pour moi comme j'aimerais, tant au plan affectif que matériel, et je peux même ajouter que c'est rien de le dire. Donc, un petit rab tout de même (suggestion d'un survivant) ?