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La lettre qu'elle n'a jamais reçue -2- par VIVAL33

La lettre qu'elle n'a jamais reçue -2-

 

 

 

 Il prit son stylo dans sa main droite, et après quelques hésitations, se décida à commencer la rédaction laborieuse de la lettre. Il avait en tête des mots, des phrases pour ses pensées. Ne lui restait plus qu’à les agencer. En espérant, cette fois, qu’il ne perdrait pas le fil ténu. Il se concentra :

 

" Bonjour Villas.

J’ai hésité longtemps à t’écrire.

Et laissé l’eau salée délaver les mots trop grossiers.

Coulant de la plume.

Regorgeant, bavant, suintant d’encre.

Avant de les déposer en chapelets de phrases.

Sur cette feuille.

De papier unie.

Comme s’ils avaient le pouvoir d’effacer nos discordes.

Distillant patiemment la pensée dans l’alambic.

En gardant le meilleur des alcools.

Le plus savoureux.

La pensée amoureuse.

Je ne sais toujours pas si tu étais une erreur, l’erreur que j’ai croisée. Une belle erreur d’incompréhension.

Heurtée.

Bousculée.

Je me souviens du jour, où voulant éviter quelques malheureuses gouttes sur tes cheveux, tu as cru bon de te jeter dans la rue, tête baissée, brusquant les quidams pour te frayer un passage jusqu’à l’abri. Hors d’haleine.

C’est lors de cet incident que nous nous sommes rencontrés.

Drôle d’entrevue au milieu de toutes ces gens vêtus d’étoffe qui s’agitaient, tels des fantômes.

L’averse nous fredonnait une étrange mélopée.

Une rencontre.

Nos chemins se sont croisés, emmêlés.

Et nos corps se heurtant, remarqués.

En un crissement sur l’asphalte.

Cruel amour… »

 

 

On sonna à la porte.

Il s’arrêta, relut hâtivement les quelques lignes, conserva la feuille, la plia avant de la glisser dans la poche intérieure de sa veste. Il continuerait à l’écrire sur l’île.

Les valises étaient prêtes. Et le chauffeur l’attendait.

Musicalis lui avait accordé une autorisation exceptionnelle de plusieurs semaines, pour se rendre dans ce lieu qui l’attirait.

Pour ses travaux.

Il était enfin sur la piste. Qu’il suivait depuis des mois.

 

A Musicalis -il y dirigeait la section Sérénit- les employés le surnommaient ironiquement « L’éveilleur de gènes ».

Cet institut de recherche, créé dans les années 2030, avait pour but d’aider à la guérison des maladies. Soigner les humains à l’aide de sons produits par toutes sortes d’instruments et de vibrations. Créer une musique pour rééquilibrer les corps, ou plus précisément pour stimuler les gènes déficients de L’A.D.N, afin d’entraîner des modifications chimiques dans l’organisme.

Effacer, activer, modifier, accéder au processus de réversibilités, tels étaient ses maîtres-mots.

Presque un siècle passé à des recherches basées sur l’épigénétique, visant à réorchestrer  les corps humains malades, les corps pollués.

Lui avait décidé de vouer sa vie entière à remettre chaque chose à sa place, dans l’univers. Et pour cela, il s’intéressait à la cellule.

Au commencement de l’être vivant.

Pour qu’il guérisse.

 

Il avait fait la connaissance de Villas à une période professionnelle où ses nuits étaient peuplées de rêves curieux. Des phases d’un sommeil perturbé, durant lesquelles il voyait une main semblant lui tendre un objet métallique qu’il essayait d’attraper. Une minuscule clé à sa portée. Mais il lui manquait un mouvement pour la saisir. Il le savait, il lui faudrait pister cette idée, la traquer, la guetter inlassablement, tel un chasseur affamé se battant pour assurer sa survie…, Allas se réveillait toujours au même moment.

 

Un midi, alors qu’il était descendu dans la rue, plongé dans la lecture d’un compte-rendu d’une des dernières recherches en cours, l’incident se produisit. Il s’était arrêté pour glisser la feuille dans sa poche, tentant de la protéger de la soudaine pluie. Elle, fonçant tête baissée, agrippée à un parapluie informe le heurta de plein fouet.

Relevant la tête promptement, pour identifier l’obstacle qu’elle venait de rencontrer, elle grimaça en voyant le badge professionnel accroché à sa veste:

 

-Monsieur Allas, section Sérénit? Le grand Monsieur Allas ?


Elle le jaugea, évaluant sa taille :

 

-Hum, pas si grand que ça…

 

Il sourit.

Elle lui tendit aussitôt la main.

 

-Moi c’est Villas, section Turbulent, vous savez, « l’ennemi », annonça-t-elle ironiquement. Bien que nous n’ayons rien en commun, nos trajectoires respectives nous indiquent que la collision était inévitable…

 

Il ne sait ce qui le charma.

Sa spontanéité peut-être…un éclair dans ses yeux ?

Mais il faisait confiance à la vie, il travaillait pour la vie, et y vit un signe. Il était sur le chemin.

 

 

Villas travaillait dans la section de recherche Turbulent.

Section peu prisée par les autres salariés, et décriée par l’unité de recherches de Allas, qui la surnommait « l’ennemi » : des olibrius, passant des journées inutiles à écouter des voix cacophoniques, des sons infernaux pour des oreilles normalement constituées. Des dissonances.

 

-Pour soigner l’inharmonie, il faut d’abord écouter, reconnaître, comprendre la « fausse note » et y prendre du plaisir, soutenait Villas.

Comme j’aime  écouter les bavardages des gens dans les lieux publics, leurs cris soudains. Notre premier instrument ne se compose, somme toute, que de cordes vocales.

 

Un soir, Monsieur Allas la convia à assister à une représentation unique d’un de ses concertos pour violons, écrit avec l’aide du jeune et talentueux Lazarov, souhaitant ainsi lui faire découvrir les bienfaits de la musique, et la sérénité que chacun éprouvait à l’écoute de notes mélodieuses.

Elle s’endormit profondément pendant le concert.

A son réveil, elle avoua, non sans un sourire rayonnant, avoir préféré le moment où chaque musicien s’était échauffé individuellement, testant une dernière fois son instrument, avant que n’intervienne le chef d’orchestre, marquant ainsi le début du spectacle.

Il soupira, demanda à Villas d’où venait son goût pour le brouhaha :

 

-J’ai passé mon enfance dans les lieux qu’on appelait autrefois les fermes d’élevage, tu vois, ces grands complexes industriels où l’on élevait les oiseaux de basse-cour… maintenant, ils ont disparu… Et j’adorais me réfugier parmi les centaines de volatiles!

 

Il se souvenait avoir déjà visité un de ces endroits, lorsqu’il était étudiant.

 

-Et c’est pour cette raison que tu as besoin de t’entourer de gens qui reproduisent les mêmes sons ?

 

En riant, il ajouta :

 

-Tes amies, tu ne trouves pas qu’elles font parfois le même bruit qu’un élevage en batterie ? Elles gloussent un peu, non ?

 

Elle sourit, fit la moue :

 

-Je dirais plutôt que j’ai développé une acuité particulière à écouter ce que tu appelles « les fausses notes ». Que crois-tu, moi aussi j’ai été conditionnée par mon enfance.

 

 

Mais ce qu’il ressentait en sa présence, le soir collée à elle, était tout autre, il avait l’impression d’entendre ce qu’il recherchait.

A l’origine, il aimait l’ordre qui lui permettait de créer, il adorait les mouvements majestueux et réguliers, dont il essayait d’imprégner les gènes modifiés de certains êtres humains. Oh, ça avait été long de mettre en place ce mécanisme d’activation. Il n’avait été qu’un simple maillon pour la mise en place de cette thérapie. Et les résultats étaient prometteurs. Ils avaient réussi à constater des modifications chimiques au niveau de l’ADN.

Mais depuis quelques mois, il stagnait dans sa recherche, il s’était focalisé sur une combinaison de sons. Des sons universels qui seraient le remède absolu.

 

Guettant un signe du destin, il avait vu dans cette rencontre fortuite une chance à saisir . Dans les yeux  de Villas, lorsque son regard pétillait de folie juvénile, il y lisait l’impulsion qui lui faisait cruellement défaut.

 

Elle prit l’habitude de passer régulièrement à son bureau, y restant tard le soir, … Il lui faisait partager ses découvertes, espérant secrètement la convertir à ses propres idées:

 

 -Tu vois, la combinaison de ces notes, c’est comme une lumière qui vibre au plus profond de nous. L’éveil d’un jour nouveau…qui éclaire et fait grandir les êtres, elle parle aux cellules, elle répare. C’est beau, non ?

 

 -Tu sais, moi je suis plus sensible à l’accident que j’explore, au choc, à l’éclatement qui nous fait tressaillir.

Et pourquoi existent-ils, peux-tu me le dire ?

Nous vivons dans l’aléatoire, Allas, c’est ce que je pense, la vie est un accident, nous sommes nés d’une perturbation, comme notre planète. Et nous ne pouvons nous borner à ignorer le désordre, l’instabilité, la désintégration… comme il y a des mots qu’on ne devrait pas prononcer, mais qui sortent de nos bouches, malgré tout…

A mon avis, tu ne connais pas assez le désordre pour mener à bien ce projet… Et c’est pourquoi tu as été attirée par moi…

Prends-moi dans ton équipe, veux-tu ?

 

Il lui promit.

 

On commença à chuchoter, dans leur dos. Comment l’éveilleur, un être si évolué, un Maître osait-il inviter une « ennemie » ? Et de plus, la mettre dans son lit ? La relation dérangeait. A tel point, que le travail d’équipe, à l’étage Sérénit, s’en ressentit.

Allas fut contraint d’annoncer à Villas qu’ils ne travailleraient pas ensemble, arguant un soudain manque de cohésion dans son unité. Devant son scepticisme, il en vint à insinuer des choses, lui reprocha de vouloir amener le chaos dans son lieu de travail. Voilà ce qu’il lui dit: il y avait trop de chaos en elle.

 

-Tu vois, tu dis des mots que tu ne devrais pas prononcer, mais qui sortent de ta bouche, malgré tout. Mais le chaos est tout autour de toi Allas, le chaos est en toi aussi. Même si tu veux le gommer. Alors arrête de te mentir et de me mentir.

Ton aide, je n’en ai plus besoin, d’ailleurs c’était une collaboration que je t’avais proposé.

 

Elle le regarda une dernière fois :

 

-Toi qui aimes les belles phrases, écoute-moi :

Tu n’empêcheras jamais la foudre, imprévisible, de tomber sur l’arbre centenaire et de le détruire! Jamais !

 

Puis elle se retourna brusquement.

Claqua la porte.

Le bruit sec resta un temps en suspens, avant de lui crever les tympans. Il regretta ce moment. Il le savait, il signifiait la rupture.

 

Pour se consoler, il prit des maîtresses, des tas, des kilos, des tonnes de grammes de femmes, se sentant devenir boulimique : il mettait dans son lit celles qui ne le contredisaient pas, les dociles qui travaillaient sous sa coupe, à la recherche de combinaisons salvatrices, celles qu’il estimait les moins dangereuses, celles qui l’encourageaient, le berçaient…pour retrouver une unité, l’unité, l’union des instruments et du chant céleste…

Non, le chaos n’existait pas chez lui.

Avec rage, il se lança à la recherche de la séquence parfaite, celle qui allait amener chaque rouage de l’univers à sa juste place, une musique entrant en contact avec le vibratoire, liant chaque chose…une eau miraculeuse abreuvant et faisant grandir la conscience. Le cosmos, il se le représentait comme une symphonie luminescente. Les incidents ça se gommait, s’éradiquait.

Qu’elle continue donc, la Villas à jouer avec ses petits « couac » de débutante.

 

Puis lassé, il se décida à arrêter sa consommation excessive de femmes et se mit à la diète.

Il s‘essaya à l’ascèse.

Se réfugia encore plus dans son travail. Sans résultats.

Enfin, il osa s’avouer qu’il lui manquait quelque chose, quelque chose qu’il avait aperçu dans le regard de cette curieuse femme. Quelque chose qu’il avait abandonné pour son confort. Qu’il fallait qu’il aille quérir.

 

Il poursuivit sa lettre :

 

«… Oh, un instant, quelques secondes, quelques semaines si féeriques, c’est vrai, je t’ai prise pour ce que je recherche.

 

Pour ma part, je continue.

A marcher.

Désormais seul.

Encore.

Je continue à déambuler.

Toujours.

Je cherche.

J’aime aller sur les sentiers peu empruntés.

C’est pour cette raison que j’ai choisi de venir ici.

Y laisser la trace de mes semelles.

Ne pas poser les pieds sur des sols trop piétinés.

Si communs.

Préférer les terres peu foulées, défrichées.

Pour la débusquer.

L’harmonie.

Car je la recherche toujours, et je me dis que c’est là que je la trouverai.

Que je l’attraperai.

Celle qui me hante.

L’étoile extraordinaire de mes sentiers.

Ma bouffée de joie.

L’impulsion.

Ma flamme magique.

Dans cette vie où les gens sont trop conditionnés par leur environnement.

Malades.

Peu importe son nom.

Je n’ai de cesse de rester debout.

J’en userai mes souliers.

Je le sens.

Ma quête… de la note ultime… »

 

 

 

 

Arrivé sur l’île, il rejoignit l’austère base scientifique.

Rien de ce qu’il aimait.

Et tout ce qu’il détestait.

Du froid saisissant.

Du vent. De la pluie.

Un temps glacial et humide.

Villas l’avait conduit ici.

 

S’habillant chaudement, il décida de se rendre près des colonies d’oiseaux.

Essayer de se plonger dans son univers.

Emmitouflé, il regarda cette terre à la végétation maigre.

Comment ne pouvait-il pas se sentir un intrus, parmi les otaries et les éléphants de mer, les manchots et les albatros…

Il fallait qu’il se ressaisisse, se concentre sur la cellule, le point commun.

Mais ce qu’il voyait n’était qu’un désert, hostile à l’homme… le désert  des îles de la désolation.

Kerguelen.

Sous les mers, à quelques centaines de mètres, invisible à ses yeux, la végétation sous-marine prenant des allures de vastes forêts accueillait une faune abondante.

Les eaux chaudes de l’océan Indien se mêlaient aux eaux froides de l’Antarctique.

Et les animaux océaniques, prêts à se reproduire, se ruaient ici.

Une terre si peu accueillante pour lui.

Peuplée de centaines d’espèces.

Et des cris.

Des sons si inhabituels.

L’agressant.

Le choquant.

Une terre sauvage où la confusion régnait, les oiseaux se dispersaient, les groupes s’éclataient pour ensuite se former d’une manière qui lui paraissait aléatoire..

Il ne comprenait plus.

Emplissant ses poumons d’air frais, il s’accroupit sur le sol.

La tête lui tournait.

Il entendait les animaux.

Il entendit.

Les cris, leurs cris.

Fermer les yeux et ressentir.

Doucement, faire appel à tous ses sens.

Oui, c’est cela.

C’est cela qu’aurait fait Villas.

Des notes avaient été poussées par des animaux. La cacophonie curieusement  prenait forme, s’orchestrait.

Il huma l’air frais.

Profita d’une brusque accalmie des oiseaux pour percevoir le silence.

Sur des terrains accidentés pouvaient naître des merveilles.

L’éveil.

Inspirer.

Expirer.

La musique était une question de respiration.

Les oiseaux en créaient une.

Il se mit à pousser des cris. Ses cordes vocales lui faisaient mal, mais il leur répondait.

Lui aussi était un instrument, un instrument qui jouait grâce à la vie.

Il pensa à elle.

Il sut alors qu’il la regrettait.

Il pensa à cette lettre, inachevée… qu’il n’enverrait peut-être jamais.

 

«…nous nous enfermons dans les pièges de nos vies. Ne croire qu’aux alternatives, dictées par notre cerveau bridé. De mauvaises histoires qui ne demandent qu’à éclore en nous. Alors qu’il y a tant  de merveilleux contes, d’airs lyriques  que nous ne voulons entendre et qui se meurent de ne pouvoir se révéler à nos existences…que nous dénions…

Ne nous laissant que deux possibilités : mourir, ou survivre… »

 

Elle venait de le frôler.

La note.

Oui, il l’avait senti.

Il venait de s’en rapprocher.

Ou plutôt elle venait de renaître en lui.

Une note silencieuse vibrant dans le corps, comme un cristal, le rendant chaleureux.

Alors qu’il faisait si froid.

Un miracle, liant les opposés.

L’amour de la vie.

L’ordre viendrait après, il le trouverait, il en avait la certitude malgré son esprit confus, il trouverait une dynamique.

L’eau et le feu. L’alliance. Partout autour de lui.

L’illusion d’un monde inhospitalier, où pourtant la vie naissait.

Une musique aussi vieille que le monde.

La vibration. Entre deux respirations.

Chaotique cosmos.

Une liaison.

Car l’amour avait toujours fait des miracles…

Ici, aux îles Kerguelen, comme partout ailleurs.

Il regarda une forme humaine qui venait vers lui…

il crut l’apercevoir.

Elle tenait une clef dans ses mains…



 

 

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Style : Nouvelle | Par VIVAL33 | Voir tous ses textes | Visite : 696

Coup de cœur : 15 / Technique : 13

Commentaires :

pseudo : damona morrigan

Magnifique de par sa profondeur et de son sens ! Quel beau message, merci beaucoup j'ai adoré. Un CDC venant de mon chaos, immense !

pseudo : alnilam

On cherche tous un peu dans la cacophonie de ce monde, la musique qu'il nous faut, celle qui nous apaise, celle qui nous rend heureux. Très prenant cette nouvelle,tu vas nous dire à quoi sert la clef hein?

pseudo : Karoloth

Ciel ! Quelle imagination ! Et quel talent ! Je suis en admiration ! (Et si tu en disais plus sur ce livre que tu as fait éditer. Je ne me trompe pas, c'est bien toi qui parlais de ça il y a quelques mois ?) CDC !!!

pseudo : VIVAL33

Merci pour vos coms très gentils: Merci damona d'avoir apprécié, merci pour ce CDC "chaotique" ;-). Merci alnilam, mais non, non, non, je ne te dirai pas à quoi elle sert la clef ;-). Merci Karoloth :-D! (et bien, le livre suit son petit bonhomme de chemin, tranquillement, mais je ne pense pas que ce soit le lieu pour faire de la promo... Il y a aussi Déméter qui a sorti un livre ;-) à la même période).

pseudo : Cécile Césaire-Lanoix

Une belle histoire, tellement profonde... Bravo ! Cdc.

pseudo : VIVAL33

Merci Cécile d'être venue me lire (et encore bravo pour ton livre ;-))