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comme un soir d'hiver (7) par yannvti

comme un soir d'hiver (7)

 

 

7.

 

 

 

L'effervescence le gagnait. C'était le moment où il devrait appliquer tout ce qu'on lui  avait appris a l'école de police. Il chercha les points importants, tenta rapidement de faire le tri et vérifia une nouvelle fois qu'il n'avait pas oublié son arme. Il accéléra le pas, mais pas trop : il ne voulais pas inquiéter les passants. Il essuya nerveusement son visage mouillé par la pluie fine et traversa la route pour rejoindre la petite rue où il croyait avoir vu le garçon. La rue était déjà vide. Etroite et longue, elle était composé d'une trentaine de maison de chaque coté du trottoir, toutes semblables, toutes composés de deux étages et d'un jardin. Le garçon était soit-dans l'un d'entre elles, soit il n'avait fait que traverser la rue. Son instinct lui disait qu'il était là, dans l'une de ces maisons : il s'était écoulé même pas quelques secondes entre l'instant où il avait cru l'apercevoir et le moment où il avait couru pour rejoindre la grande rue, trop grande pour que le garçon ai déjà filé. Mais comment savoir laquelle ? Les maisons semblaient toutes aussi inhabitées les une que les autres. Il se mit a marcher plus rapidement, conscient de l'urgence. Il regardait toutes les maisons, incapable de se décider pour l'une d'entre elles. Il ne pouvait plus s'arrêter de réfléchir, et le fait de ne pas pouvoir agir le rendait encore plus nerveux. Il pensa même à appelé le commissaire, pour savoir ce qu'il devait faire, mais il se débarrassa de cette option. Non non non, c'est a moi de mener cette enquête ! C'est mon enquête !  Le ciel s'était encore obscurcit et la pluie tombait de plus belle. Il était presque au bout de la rue et il traversa  pour la redescendre, de l'autre coté du trottoir.

 C'est la qu'il vit la maison, un peu plus bas, au milieu de la rue.

 Les volets étaient clos, il n'y avait aucune lumière, pas de voiture devant l'entrée. De toute ces maisons sans vie, c'était celle ci qui semblait la plus abandonnée. Sûr de lui, il franchit la petite barrière en bois et pénétra dans le jardin, il fit le tour et vit, derrière la maison, une porte dont la vitre était brisée. Il jubila, il ne s'était pas trompé ! Il avait vu juste ! Il en éprouvait un immense sentiment de fierté. Il sortit son arme et ouvrir la porte, vigilant et attentif, droit et a l'affût. Il pénétra dans le salon obscur. Dehors l'orage grondait. Il vit une petite lumière tout au fond d'un couloir et s'y dirigea silencieusement, son regard se posait partout dans la pièce, il se concentrai pour enregistrer un maximum d'information, pour voir ce qui aurait pu être synonyme de danger. Au bout du couloir, la lumière l'aveugla un peu : ses yeux s'étaient habitué l'obscurité. Il resta un peu en haut des marches et, inconsciemment, tendit son arme devant lui puis descendit ,s'arrêtant a chaque marche pour être prêt en cas de danger.

 En bas, au milieu de toiles et de pots de peinture, gisait un cadavre.

-Putain... lâcha t-il dans un souffle.

Il s'en approcha et vérifia qu'il était bien mort. La situation s'aggravait. Il s'empara de son téléphone et composa le numéro du commissariat.

Silence.

Son regard se posa sur le sol, des traces de pas, un mélange de sang et de peinture verte remontait vers la maison.

Première sonnerie.

Il n'avait jamais été aussi agité .

Deuxième sonnerie.

Troisième sonnerie.

-         Allô ! Dit la voix grave du commissaire

-         Commissaire ? Allô,  c'est moi, c'est Sam ! Chef, j'ai un cadavre sous l'nez, rue B... faut venir maintenant!

-         Un quoi Sam ? Que ce que tu fous ? T'est ou ?  La voix du commissaire était neutre, lasse, ennuyée.

Sam se redressa d'un coup. Il voulait crier au commissaire qu'il fallait débarquer le plus rapidement possible, qu'il n'avait pas le temps, qu'il y avait urgence, qu'il n'arrivait pas a garder son sang froid,  que le gamin était peu être déjà loin.

-         Un cadavre Chef ! Faut venir le plus vite possible ! C'est le gosse des journaux... le petit noir !  Il est dans le quartier ! Moi j'ai pas le temps, je vais le retrouver,  j' m'occupe de tout, venez vite vous occuper du gamin, ici,  rue B... ! numéro 17 ! La cave !

Il raccrocha et, rassuré d'avoir enfin  pu  prévenir le commissaire, se dirigea vers la sortie. Il avait l'impression de ne contrôler qu'une partie de son corps, comme s'il était devenu une sorte de robot, comme si ses gestes étaient non plus les siens mais ceux de policiers qu'il avait déjà vu œuvrer, dans les films ou dans la vraie vie. Aujourd'hui c'était a son tour. Enfin.

On apprenait a l'école de police que le crime parfait n'existait pas.

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Style : Nouvelle | Par yannvti | Voir tous ses textes | Visite : 774

Coup de cœur : 10 / Technique : 8

Commentaires :

pseudo : Clochette

J'ai lu tous les chapitres, j'attends le 8ème. A bientot!