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Jour ordinaire par feeclochette

Jour ordinaire

JOUR ORDINAIRE

 

 

  Je ne sais par quoi commencer. Par le début ou la fin? Ai-je eu raison ou tort d'écouter mon cœur?

 

  Les rayons du soleil traversent l'épais rideau qui couvre ma fenêtre, ils me réveillent. Où suis-je? Je mets quelques instants pour reconnaitre ma chambre. Je mets du temps à me lever, un sentiment de peur m'oppresse, je ne comprends pas. Je frissonne, mon cœur bat plus vite, je tourne en rond dans mon appartement. Je m'arrête, je décide de reprendre mon esprit en main, je me calme et je vais prendre mon petit déj' et une bonne douche.

 

  Le fait de réfléchir me permet d'oublier cette sensation, cette impression d'être transparente, légère, de ne plus avoir de consistance. Pourtant mon esprit fonctionne toujours, des idées afflue en grand nombre, les lettres se forment en mots. Alors pourquoi le temps se déroule t-il aussi lentement? Je savoure chaque seconde.

 

  Je vais dans la salle de bain, me déshabille, entre sous le jet d'eau chaude. Un frisson parcourt mon corps, la scène du film "Psychose" me revient en mémoire. Pourquoi? Je sors de la douche précipitamment, je prends une serviette et déambule dans mon appart' à la recherche d'un éventuel voyeur. Je suis seule. Je n'ai plus la moindre envie de rester ici, je m'habille en vitesse et je quitte cet appart', il me donne la chair de poule, j'ai l'impression qu'il me chasser de chez moi. Il y règne une atmosphère mystérieuse.

  J'arrive en bas de mon immeuble, je sors, je pose enfin mon pied sur le trottoir et je regarde le ciel bleu qui m'éclaire et réchauffe mon corps. Les rayons du soleil fondent sur moi, ils enlèvent la peur qui me tenaille, ils me libèrent d'elle. Celle-ci s'envole avec les oiseaux qui viennent de quitter le sol à mon passage. Je les effraie, je les regarde partir. Au fur et à mesure que je m'exile de mon appart' je me sens mieux. Je reprends confiance, je suis rassurée de pouvoir fuir. Une question me vient en tête: pour combien de temps serais-je libre? Et le suis-je vraiment? Un mouvement de têt pour chasser ses questions e pour revenir concentré sur mon planning de la journée. " Bureau, réunion...Rien de très passionnant!"

 

  L'immeuble où je travaille n'est pas loin de mon appart'. Je ne suis pas quelqu'un qui aime se lever aux aurores pour ses rendre à son boulot. Je préfère, et de loin, habiter près de mon travail. Sur le chemin, il se trouve un parc où les enfants avant d'aller à l'école, jouent. Aujourd'hui, je décide de les regarder quelques instants avant de repartir. Je m'extasie devant leur frimousse, je ris devant leur jeu. Je suis étonnée de les voir si heureux, si insouciant. Je semble apaisée.

  Une heure durant, je les observe et je loupe la première réunion. L'angoisse qui me prenait au ventre a disparu avec les rires des enfants. Les enfants jouent sans peur, sans souci, le monde leur semble beau et sans danger. Et pourtant, moi je me sens enfermée dans un rôle et perdue dans un monde qui n'est pas le mien. Enfin je décide de quitter mon banc et de repartir travailler, j'ai assez perdu du temps à contempler la vie. Je suis plus sereine et plus calme en quittant ces visages d'anges.

 

  Je sors du parc et retrouve le chemin familier qui me mène à mon bureau. Je souris bêtement aux personnes qui m'entoure, je suis bien. Depuis ce matin, je crois que c'est la première fois que je me sens aussi bien. Plus d'angoisse, plus de peur, juste un sentiment de béatitude. Même si je sais qu'il ne va pas durer, je le savoure et en profite pleinement. Finalement, j'arrive devant l'immeuble où je bosse. J'entre, je salue le gardien comme à mon habitude, son regard se pose sur moi comme si j'étais une inconnue. Pourtant chaque matin, je passe devant lui, je lui souris, quand j'ai le temps nous bavardons quelques instants. Ce matin il semble perdu, son regard se fait inquisiteur. Je continue à marcher et à me diriger vers l'ascenseur, j'appuie sur le bouton pour l'appeler, je perçois comme de l'effroi de la part de cet homme.

  Enfin les portes s'ouvrent, je m'y engouffre sans jeter un regard derrière moi. J'attends que les portes se referment pour reprendre mon souffle et pour appuyer sur le bouton du 30ème. L'inquiétude remonte à la surface, elle efface le sentiment de bien-être que j'ai pu ressentir. Je ne comprends rien. Mes mains tremblent, tous mes poils sont hérissés, mon cœur bat très vite et pour couronner le tout, j'ai l'impression que ma tête va éclater.

 

  "Ding!" Et voilà que je sursaute. Ce n'est juste que l'ouverture des portes. Une jeune femme entre. Rien dans mon comportement ou apparence ne devrait attirer l'attention, pourtant cette femme me contemple, me scrute come une bête de foire. Je ne suis pas un monstre, j'ai envie de lui crier mais je me tais. Elle s'obstine à appuyer sur le bouton pour stopper l'ascenseur. Elle se jette littéralement hors de l'ascenseur comme si j'étais contagieuse. Je suis seule et j'en sui soulagée.

  "Ding!" Les portes vont s'ouvrir de nouveau et laisser entre un nouvel individu. Va t-il lui aussi me jeter un regard qui me glace d'effroi? Je prie et j'espère que cette personne se comportera normalement. Un soupir de soulagement se fait entendre, l'homme qui vient d'entrer c'est lui. Celui que j'aime. Je me sens rassurée et je reprends le dessus sur mon angoisse et mon inquiétude. Je lui souris et lui lance un regard mais il ne me voit, il est plongé dans ses dossiers, il ne lève pas les yeux. Se sentant épier, il fait un effort. Une ombre passe sur son visage. L'étonnement et l'incompréhension se lisent sur le mien. Je veux m'approcher de lui pour l'embrasser, il ne me laisse pas le toucher. D'ailleurs quand je réussis à le faire, je réalise et comprends tout.

 

  Les portes s'ouvrent lentement, elles nous jettent directement dans la confusion des bureaux. Il sort à reculons et pointe un doigt accusateur sur moi, il ouvre la bouche mais aucun son n'en sort, les yeux écarquillés il me fixe, c'est à son tour de ne pas comprendre. Mon corps réagit, j'avance dans la lumière, le silence est pesant, pas un seul bavardage. Mon amant s'effondre sur le sol, je m'approche de lui, je lui touche la tête et je lui murmure à l'oreille: "Je te pardonne" Les larmes coulent sur ses joues et il bafouille des phrases incompréhensibles.

  Je le regarde avec tendresse et compassion, lui il marmonne qu'il m'aime et qu'il regrette tout le mal qu'il m'a fait. Même de m'avoir tué. Il avoue tout, là, parterre, au milieu des bureaux. Il avoue son crime, il raconte dans les moindres détails ma lente agonie, il donne ses raisons qui semblent dérisoires. Quelqu'un a prévenu la police, les sirènes se font entendre et se rapprochent. Il continue de pleure, moi je m'envole et je quitte pour de bon cette terre pour rejoindre le ciel. On m'a donné une chance pour prouver la culpabilité de mon amant, j'étais différente, j'étais un simple fantôme à la recherche de la vérité. Je ne sais ce qui m'attend, je n'ai pas peur car la lumière me guide et me conduit vers la paix.

 

  Les événements s'enchaînent, il est arrêté, emprisonné à vie, moi je le contemple d'en haut. Des images me reviennent de ma vie passée: premier baiser...derniers instant comme la nuit de ma mort, mon corps qui touche le sol et qui ne le quitte pas, mon sang qui coule et se déverse lentement, il s'échappe de moi et forme une tâche rouge. Lui, cet homme qui m'a dit des mots d'amour, il me regarde mourir sans un geste, sans un signe d'amour. J’oublie tout et pars loin de tout cela.

 

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Style : Nouvelle | Par feeclochette | Voir tous ses textes | Visite : 298

Coup de cœur : 8 / Technique : 7

Commentaires :

pseudo : Karoloth

J'aime bien, un peu dans le registre du film "Gost" ou "La ville fantôme" ou encore "le sixième sens". Un bon moment de lecture. CDC!