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Pensée par BTD

Pensée

La nuit venait à peine de tomber lorsque j'entrebâillai la porte-fenêtre qui grinçait à chacune de ses ouvertures. Un retentissement si strident qu'il était capable de percer vos tympans. Le vent puissant et glacial pénétra dans la pièce, et fit danser, dans l'instant, les flammes de la cheminée qui venait d'être finalisée par les ouvriers. Les rideaux de toile fine se mirent à entamer une seconde danse que je ne sus pas en mesure de déterminer.L'allumage d'une dernière cigarette fut une quête sans nom. Je savais que c'était stupide mais, finalement, je renonçai et mis un terme à ce froid qui me torturait tant.Ses yeux se rivèrent aux miens, sans que je ne puisse rien faire, comme si, pendant une fraction de seconde, elle m'eut détestée. Ses grelottements et l'arrêt de sa lecture m'en dirent beaucoup sur ses pensées. Un regard accusateur, qui m'aurait, sans conteste, exécuté sans ménagement. La télévision qui surplombait le salon monopolisait la parole, et les interêts. Sans doute était-elle plus pertinente. Les acteurs, qui se succèdaient, lui parlaient, de vive voix, de choses et d'autres, sans que je ne puisse intervenir, ni émettre la moindre objection. La télévision ne m'intéressait guère. L'ennui me prenait, rien qu'a son évocation. Peut-être était-ce du dégoût.Je sortis de mon inertie et m'installai dans le divan mauve qui prenait presque la moitié du mur. Un couverture à moitié repliée me laissait entrevoir un champ de bataille où elle était le responsable. Devant les images qui défilèrent, je ne dis mot, préférant ne pas redécouvrir ses foudres, et accélérer ainsi ma chute. Mais, un événement des plus énigmatiques, encore plus curieux, que mon soudain intérêt pour le petit écran, survint. Un tête se posa contre mon épaule qui grelottait encore. Les minutes passèrent, mes interrogations restèrent, dans ce salon qui s'était soudain réchauffé. Les flammes ne se mouvèrent plus, tout comme les rideaux qui couvraient les ombres face aux balancements des hêtres qui surplombaient le parc. Je me tournai, sans savoir pourquoi, vers cette même porte-fenêtre, qui me laissai entrevoir le jardin éclairé d'un somptueux voile blanc filtré par les haies qui centuraient l'extérieur. Des lèvres se posèrent délicatement sur les miennes. La sensation était agréable, sans conteste. L'ambiance était à son zenith, Nos coeurs semblaient battre conjointement. Un sensation qui vous petrifie, qui vous paralyse, plus puissant que les menaces, plus intense que les éloges, et plus percutant que ce vent. Sans doute était elle jalouse de cette brise qui m'envouta l'espace d'un instant, avec cette facilité qui désarmerait quiconque. Les braises du feu commencèrent à se consumer pour finir à l'état de cendre, j'eteignai la télévision, qui était de trop parmis nous, et qui troublait nos désirs.

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Coup de cœur : 9 / Technique : 8

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